Atelier de lecture des petits
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Parler du harcèlement scolaire avec un enfant n'est pas toujours simple.
Comment expliquer ce qu'est le harcèlement sans l'inquiéter ?
Comment lui permettre de reconnaître une situation problématique ?
Et surtout, comment lui faire comprendre qu'il peut en parler, qu'il soit victime, témoin ou même à l'origine de certains comportements ?
Il n'est pas nécessaire d'attendre qu'une situation de harcèlement se présente pour ouvrir la discussion. Au contraire : donner aux enfants des mots pour comprendre ce qu'ils vivent et observent peut les aider à réagir lorsqu'ils y sont confrontés.
Une dispute, une moquerie ou un conflit ponctuel entre enfants n'est pas nécessairement du harcèlement.
Le harcèlement scolaire se caractérise notamment par des comportements agressifs ou humiliants qui se répètent et par une situation dans laquelle l'enfant qui les subit éprouve des difficultés à se défendre.
Avec les plus jeunes, il n'est pas forcément utile de commencer par une définition compliquée. On peut partir de situations concrètes :
Que se passe-t-il si, tous les jours, plusieurs enfants se moquent du même camarade ?
Et si quelqu'un lui demande d'arrêter mais qu'ils continuent ?
Comment penses-tu qu'il se sent ?
Ces questions permettent à l'enfant de réfléchir avant même de parler de « victime » ou de « harceleur ».
Lorsqu'on parle de harcèlement scolaire, on pense spontanément à l'enfant qui le subit et à celui ou ceux qui le font subir.
Mais les témoins ont eux aussi une place essentielle.
Un enfant peut assister à des moqueries sans savoir quoi faire.
Il peut rire parce que les autres rient.
Il peut avoir peur de devenir à son tour une cible s'il intervient.

L'objectif n'est pas de le culpabiliser, mais de lui montrer qu'il existe plusieurs façons d'agir : ne pas participer, aller chercher un adulte, soutenir l'enfant concerné ou raconter ce qu'il a vu.
Lorsqu'un parent s'inquiète, la tentation peut être grande de multiplier les questions :
Qui t'a fait ça ?
Depuis quand ?
Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
Qu'est-ce que tu as répondu ?
Mais un enfant peut avoir besoin de temps avant de raconter ce qu'il vit.
Créer régulièrement des occasions de parler de l'école, des relations entre camarades et des émotions peut faciliter la parole. Une conversation pendant un trajet, autour d'un livre ou à partir d'une situation fictive peut parfois être beaucoup plus facile qu'un face-à-face solennel.
La question est tellement directe qu'elle appelle facilement un simple « non ».
Des questions plus ouvertes permettent parfois d'en apprendre davantage :
Il ne s'agit pas de poser toutes ces questions à la suite, mais de faire du sujet des relations entre enfants quelque chose dont on a le droit de parler à la maison.
Pour certains enfants, parler directement de leur propre expérience est difficile.
La fiction permet de commencer ailleurs.
Que penses-tu de ce personnage ?
Pourquoi les autres agissent-ils ainsi ?
Qu'aurais-tu fait à sa place ?
À qui pourrait-il demander de l'aide ?
L'enfant parle d'abord du personnage.
Pourtant, à travers lui, il peut mettre des mots sur des situations qu'il connaît ou qu'il a observées.
C'est notamment dans cette démarche que nous avons créé Le Nouveau – Parlons de harcèlement scolaire, dans la collection Les aventures de Tichéri.

Le livre n'a pas vocation à traiter à lui seul toute la complexité du harcèlement scolaire. Il constitue plutôt une porte d'entrée pour ouvrir la discussion avec les enfants.
→ Découvrir Le Nouveau – Parlons de harcèlement scolaire
Prévenir le harcèlement scolaire, ce n'est pas seulement apprendre aux enfants ce qu'ils ne doivent pas faire.
C'est aussi leur apprendre à reconnaître ce qui leur fait du mal, à être attentifs à ce que vivent les autres et à savoir vers qui se tourner lorsqu'une situation les dépasse.
En parlant de ces questions avant qu'un problème survienne, nous transmettons surtout un message simple :
ce qui se passe entre enfants mérite parfois d'être raconté aux adultes.